mardi, octobre 11, 2005

Une omerta vous dites ? Ou les vraies questions qu'on ne pose jamais !

Vigile.Net est un bon site d'information. Il est beaucoup plus utile dans cette course à la chefferie, que tous les médias traditionnels réunis. Il n'est pas nécessairement anti-Boisclair comme le bloque que vous lisez présentement, mais il est une mine d'or pour qui veut se renseigner intelligemment avant de faire son choix définitif.

Je ne comprend pas pourquoi les dirigeants du PQ ne réagissent pas au danger que représente Boisclair pour le parti. J'aurais voulu écrire ces mots. Vous devinerez que je ne peux m'empêcher d'y mettre du gras...

Auteur:Pierre Daviau
Québec
TRIBUNE LIBRE 6 octobre 2005

Collègues ministres et députés

Selon Michel Corbeil, « Le doyen des députés à l’Assemblée nationale, François Gendron, assure que des rumeurs de consommation de cocaïne ont couru pendant des années sur André Boisclair. » Le député dit : « Très franchement, j’étais au courant des rumeurs. Cela a circulé longtemps. La plupart des collègues (de la députation) étaient au courant des rumeurs. Je suis au courant que des gens qui étaient en autorité qui ont tenté de corriger la situation a-t-il précisé. Il faisait allusion à des rappels à l’ordre qu’auraient effectués l’entourage de Lucien Bouchard ».

La déclaration de cet ancien ministre, président du caucus des députés ministériels du 15 mars 1996 jusqu’au 28 octobre 1998 et du 9 décembre 1998 jusqu’au 30 janvier 2002, doit être considérée comme étant conforme aux événements et état d’esprit qui prévalaient à l’époque. En effet, force est de croire François Gendron qui exerçait, alors, des fonctions de responsabilité dont celle de préfet de discipline auprès des députés de son parti.

Quant aux autres collègues du PQ, ministres et simples députés, y compris la structure politique de ce parti, la loi du silence a prévalu hier et se perpétue aujourd’hui. Que penser de tous ces faits ? Pourquoi cette omerta exerce-t-elle sa domination sur les femmes et les hommes politiques et leur personnel politique ? Plusieurs explications sont susceptibles d’expliquer la situation :

► a) Conflit d’intérêt personnel; j’appuie André Boisclair coûte que coûte, je ne veux pas me créer des problèmes dans le parti, tel le gel de mon avancement, voire mon expulsion, ou mettre en doute ma réélection.

► b) Préserver la réputation de mon parti; je ne veux pas assumer le risque de créer des difficultés au parti.

► c) Conserver le pouvoir à tout prix; il est plus important de conserver le pouvoir que de dénoncer les fautes criminelles d’un ministre de mon parti.

► d) Je m’en lave les mains; c’est une affaire personnelle et je ne suis pas responsable du comportement de mes collègues.

► e) Réaliser mes ambitions personnelles; je ne dois jamais ternir mon image n’y dresser des embûches qui deviendraient des obstacles à la réalisation de mes ambitions.

La liste des possibilités justifiant l’application de la loi du silence est inépuisable. Cependant, il ressort un point marquant. En effet, toutes ces explications démontrent une absence de responsabilité généralisée. Tels les groupes criminalisés, tous les moyens justifient l’atteinte des objectifs. D’ailleurs, certains se prostituent intellectuellement allègrement pour atteindre leurs fins.

La relève

Que dire alors de la relève ? Le député Stéphane Bédard, préparant à Mont-Tremblant la session prochaine de l’Assemblée nationale, annonce son appui au candidat Boisclair. Souvenons-nous que ce député exerce les fonctions de porte-parole de l’opposition officielle en matière de justice et leader adjoint. Comment justifie-t-il son appui au candidat Boisclair ?

Le journaliste Simon Boivin rapporte que le député de Chicoutimi refuse de croire que le passé de M. Boisclair pourrait revenir le hanter et cite ses paroles : « Chacun a son histoire, il a reconnu ses erreurs, indique M. Bédard . Il a été fort généreux d’éléments et a répondu à des questions auxquelles aucun autre élu n’a répondu. Il appartient maintenant aux gens de juger ». Et le journaliste conclu : « Tous clans confondus, personne n’a voulu accorder publiquement de l’importance à la consommation de cocaïne passée de M. Boisclair » (4). Que comprendre de cette justification ?

En se justifiant lorsqu’il dit « Chacun à son histoire, il a reconnu ses erreurs », M. Bédard est-il conscient que par ces mots il est disposé à absoudre tous les crimes commis à la condition que le coupable reconnaisse ses erreurs ? Ou mieux, signifie-t-il que l’histoire de chacun est sans importance, même quand il s’agit d’un candidat à la chefferie et qui pourrait devenir premier ministre ? Qu’en serait-il M. Bédard si vous affrontiez la situation où un pédophile ou un membre d’un gang criminalisé posait sa candidature après avoir purgé une peine d’emprisonnement ? Considéreriez-vous ces personnes comme des modèles à suivre et aptes à exercer les fonctions de chef de parti et de premier ministre ?

La relève, celle qui est sensée représenter la compétence et porter l’avenir du Québec en elle, se comporte exactement comme tous ses prédécesseurs. Nous devons reconnaître que les explications des points a à e qui précèdent s’appliquent intégralement au député Bédard et à tous ses jeunes collègues, dits de la relève, qui pratiquent la loi du silence en ne dénonçant pas la conduite criminelle du candidat Boisclair. Pas fort la relève ! Décevante la relève ! Quel avenir la relève nous réserve-t-elle ? Gens de la relève, une conduite criminelle n’est pas un modèle à proposer à nos jeunes. Quel modèle de conduite voulez-vous inculquer à nos enfants et petits enfants de même qu’aux vôtres ?

Les candidats à la chefferie

Aucun candidat à la chefferie n’a osé dénoncer leur collègue. Pour eux aussi s’appliquent les points a à e ci-haut. Ils s’en lavent les mains. Leur silence corrompt à sa base même le mandat qu’ils cherchent à accomplir. Cette attitude d’évitement justifie chez les citoyens la crainte des pires appréhensions. Plusieurs questions à cet effet posées à ces candidats sont légitimes. Quelle est leur définition de l’intérêt public ? Quelle est la qualité de leur engagement envers les intérêts supérieurs du Québec ? Ils ont déjà démontré, par leur silence, qu’ils ne possèdent pas l’étoffe de chef et de premier ministre. Seraient-ils tous ( femme et hommes) des candidats malléables, manipulables, veules ?

Les membres du PQ doivent démasquer ces candidats irresponsables. La lecture sérieuse des citations en début de texte devrait enrichir la réflexion.

Conclusion

Le débat sur cette saga est perverti par l’inconscience collective et par l’état d’esprit mentionné dans la deuxième citation en début de texte : « Il est clair qu’une perspective individualiste étroite, fondée sur une perversion du sens des droits et libertés qui méritent d’être défendus, conduit à des aberrations, car elle occulte totalement d’autres dimensions humaines et sociales du phénomène ».

Les comportements dénoncés composent la pierre angulaire du désintéressement populaire envers la politique et de la suspicion envers nos institutions. Un redressement majeur de l’action politique s’impose en catastrophe.

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G.V. Le texte n'est pas intégralement recopié ici. Si vous voulez le lire au complet, cliquez sur ce lien.